Georges Guétary

au temps du frais avril 

face
Où il s’imposait Français et contemporain sans pour autant abandonner son image -et sa nature- exotique.
pile
Scène 1 :
Fraîcheurs d'avril
Scène 2 :
Dichotomie et Ricochets
Sorties
À l'Ami Michel Bracquart, cette page
"Et puis elle ouvre ses longs cils,
"Tournée vers moi comme vers l'avril ..."
nous est automatiquement  venu à l'esprit
-à la mémoire, au souvenir, à l'émoi-
au prononcé de ce mois.
C'est la fin d'un couplet d'une chanson de fraîcheur, d'une valse
par laquelle Georges GUÉTARY s'imposait Français, Français et contemporain :

Fraîcheurs d'avril

MON P’TIT BOUQUET D’FLEURS, valse chantée, paroles de Jacques PLANTE, musique de Louis FERRARI,
Paris, ARPEGE, 1949 - DR
1
Je riais d’écouter les copains,
Chaque fois qu’ils avaient un béguin,
Ça m’amusait quand ils l’ap’laient :
”Mon p’tit lapin, mon p’tit poulet.”
Mais maint’nant, la p’tit’ môme que j’aime,
Moi aussi, je l’appelle de même.
C’est p’t’être idiot, mais ça n’fait rien,
J’lui donne un nom qui chante bien.

Refrain :
C’est mon p’tit bouquet d’fleurs,
Mon p’tit bouquet joli comme un cœur,
Fait de violettes ou de roses blanches,
Autant de parfums qu’il y’a de dimanches.
J’aime poser sur son front
Des baisers clairs com’ des papillons,
Et dans mes bras la prendre en tremblant :
Elle est plus fragile qu’un œillet blanc.

2
Je ne sais comment dir’ mon bonheur
Tout en elle est douceur et fraîcheur,
Quand je l’embrasse le matin
J’ai l’air d’entrer dans un jardin,
Son sourir’ sur ses lèvres mi-closes,
On dirait voir éclore une rose...
Et puis elle ouvre ses longs cils
Tournée vers moi comme vers l’Avril.
 < au refrain
pâquerette joliette
ph X (DR)
3
Si bêt’ment je lui fais de la peine,
J’en ai mal tout au long de la s’maine,
je ne sais plus quoi lui donner
Pour mieux me faire 
pardonner !...
Sur ses joues si je vois quelques pleurs,
D’la rosée sur mon p’tit bouquet d’fleurs,
Alors je jure sur le champ
De n’être plus jamais méchant...

dernier refrain :
C’est mon p’tit bouquet d’fleurs,
Mon p’tit muguet, mon porte-bonheur,
Fait de violettes ou de roses blanches,
Je l’ai cueilli pour la vie entière
Et veux le porter à ma boutonnière,
Coda :
Mon joli p’tit bouquet
Avec des yeux com’ deux grands bleuets,
Ce p’tit nom-là lui va comme un gant

Car en la r’gardant je crois au printemps !
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L'anti "homme de nulle part" (1)
Forme et contenu s’opposent ici à l’Image première perçue de Georges Guétary, le vagabond cueilleur de cœurs dans les tons exotiques de tangos et autres tempos : en valse toute fraîche plus typiquement française accordée à une simple et gentille poésie populaire, voici dans la fraîcheur l’expression reconnaissante de l’intense et bienvenue emprise de l’amour en sa durée -au mépris implicite du jeu de Casanova.
Et voilà du même coup Georges Guétary s’imposant Français, et qui mieux est, Parisien même plutôt que Basque comme son pseudonyme avait pu le faire entendre à certains.
A telle enseigne que lorsqu’il arrive au Canada après Londres, c’est au nom de sa sympathie pour les artistes français -et donc parisiens- que le portier de l’hôtel lui demande une dédicace.
Reniement et revirement ?  Rejet des “sombreros et mantilles” ?
Habileté ?
S’il est vrai que, sensible aux traits dénigrants de certains journalistes, Georges Guétary eut l’intelligence de convoquer une conférence de presse afin de l’éclairer pour évoluer, on comprend aussi qu’il était intimement amoureux de la France.
Mais pouvait-il pour autant renier ses origines ?
Et le devait-il d’ailleurs ?
Intelligence et dualité naturelle ont dû jouer ensemble sans doute.
Et il n’y eut ni rejet public -ni reniement, renonciation, trahison de soi et de l’Image- : il s’imposa progressivement complexe et deux, insaisissable à la limite.

Notes :
  • Reste néanmoins la typique note aiguë en coda.

  •  
  • Quelques repères dans cette période qu’on pourrait définir de transitoire et qu’on centrera en 1949 :
  • Films :

  • JO LA ROMANCE (sortie : 1949) et, surtout, AMOUR ET COMPAGNIE (sortie : 1950), tous deux de Marc-Gilbert Sauvajon/Gilles Grangier, rompent soudain avec  les précédents LE CAVALIER NOIR, TRENTE ET QUARANTE, LES AVENTURES DE CASANOVA :  Georges GUETARY jusqu'alors vu et reconnu comme personnage d'autrefois y apparaît notre contemporain -et révèle en outre son attrait vers la fantaisie.
  • Enregistrements-choix :

  • LE BAR DES ADIEUX et MATIN DE PARIS, recto/verso d'un 78 tours enregistré en 1949, juste avant la phase hollywoodienne de AN AMERICAN IN PARIS, seront communément perçus comme datant de périodes très différentes, le premier de 1949, soit, mais le second de plus tard, impression accentuée par le fait que cette chanson est jouée dans le film PARIS CHANTE TOUJOURS, tourné après AN AMERICAN IN PARIS dont il a le physique.
    Les cartes s'embrouillent d'autant plus que quoique tourné en 1949, c'est en 1950 que sortira AMOUR ET COMPAGNIE, soit peu de temps avant la projection de UN AMERICAIN A PARIS...
  • Paris puis l’Allemagne rappelleraient à l’ordre du désir, du souhait, de l'attente incessante qu'avait cassé la perception hollywoodienne renchérissant la tendance française désirée par Georges Guétary lui-même :  POUR DON CARLOSet BARON  TZIGANE le rendraient à l'Image entendue, et même, AMOUR, TANGO MANDOLINE (plus heureusement titré originellement LIEBE IST JA NUR EIN MÄRCHEN).
  • Sublimation de cette dichotomie à la fois intentionnelle et naturelle : le prénom des deux enfants dans le mariage “mixte” (v. partie Postérité)

  •  
  • Appelant un affinement, tentative comparative des deux tendances sur la période allant grosso modo de 1945 à 1950, soit de Chic à Chiquito à  En allant de l'avant.

  • L'ambiguïté s'est imposée du fait de l'emmêlement parfois gordien des composantes diverses, thèmes et mots autant que rythmes et tempos, avec les mélodies.  Or cette ambiguïté même par son importance met en évidence la dualité :
    Tonalité "française"
    Ambiguïté
    Exotisme marqué
    Avec l'Amour
    La plus Belle
    La Gamme et l'Amour
    C'est la Chanson des Accordéons
    Le p'tit Bal du Sam'di soir
    La plus Belle de Chez nous
    L'auberge du Printemps
    Son Alsacienne
    Maman vous aime (le petit doigt)
    Mon p'tit Bouquet de Fleurs
    Maître Pierre
    Le Bar des Adieux
    Journée de Paris
    Toi et Moi
    Les Amoureux du Dimanche
    En allant d'l'Avant
     
     
     

    "Frenchie"
    Paris, <1950>
    ph  ex série   pr montage (DR)

    Chic a Chiquito
    Cavalier
    Magdalena
    Comme une Etoile
    Banco
    Cheveux au Vent
    Veux-tu partir un Jour ?
    La Valse des Regrets (< - de brahms)
    La divine Mélodie
    Dors, mon Amour
    Chante, chante, mon Cœur
    La Loi de l'Amour
    Rosa, Nina, Stella
    Je crois en mon Etoile
    Souvenir d'un Jour
    Coraline la Semaine d'une Courtisane
    Chanson de Venise
    L'oiseau fidèle
    Bella, bella Marie
    Vers les Iles d'Or
    Ma belle Marguerite
    Pedro, le Pêcheur
    C'est vous mon seul Amour
    Voulez-vous que je vous aime ?
    Cheveux au Vent
    Ciel
    Que le temps me dure
    Ménestrel
    Comme un ciel d'été
    Je l'ai dit au vent
    Etes-vous un rêve ?
    Ne faire dans la vie
    J'ai des trucs
    Rappelle-toi
    Toujours plus belle
    Dessin de C. Vigneron
    -v. Ephémérides 11 via sommaire- 
    original en couleur (DR)
    l'Image
     
     

    A Honolulu
    Quand un Cow-boy
    Tchike, tchike, Señorita
    Aye!... mama !
    Porteur d'eau
    Un soir de carnaval
    Papa, Mama, Samba
    A Chi-chi-castenango
    Boléro
    L'Amour est un Enfant terrible

    N.B. :
    Renaud-la-gouaille, beaucoup plus tard, prendrait à son répertoire, dans son accent de Parigot, Le p'tit Bal du Sam'di soir.
    Hors comparatif, soit parce qu'on n'est pas sûr de leur prise en répertoire, soit parce qu'enregistrées en Angleterre ou en Grèce, et donc très peu, sinon pas du tout connues sur le continent :
    Libellule, Boléro d'Amour, Chante, Chante l'amour, Carnation, Far away from Motherland, I love all of you,Near you only, El Rio grande, La belle Marguerite, A Table for Two, This is my lovelly Day (+ L. Webb), I was never kissed before (+ L. Webb), Mon pauvre petit Pierre (+ L. Webb & B. Paul), This is our lovelly Day (+ L. Webb & troupe), To France (+chr), Magdalena, I dreamt I was back in Paris, O-la o-le, Bella Marie, Where Flamingoes fly, Bonjour Noël, Mardi Gras, In Chichicastenango, Tonight (Perfidia), She's got that Look in her Eyes, No Orchids for my Lady, Sweet, sweet, sweet, Là-bas, A Night of Romance, Bolero, Clopin Clopant.
    Deux autres aspects de la dichotomie de Georges Guétary(2)
    Or, après que
    "Le mois d'avril sourit, ...
    vient celui du mai paradoxal…
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    Première chanson créée sous son nom de scène définitif et qui le ferait  Georges Guétary typé quasi définitivement sinon idéalement. [re(1)]
    <<
    Ex. :
    • Personnage 2, voleur de cœurs... 
    • Ephémérides : l'inouï Guétary
    • essai inédit : table des matières et extrait à venir 
    Le double Georges Guétary se découvre en d'autres aspects encore. [re(2)]
    <<
    2. Par libre choix dans le sommaire de la fenêtre de gauche
    <<Si elle n'est pas présente,  l'appeler par ce lien
    Avec D.R. aux auteurs d'extraits et de photos (v. note générale in "Accueil" cf  le ©),
    et l'assentiment confiant et gratifiant de Madame Guétary,
    © 1999-2002, Louis Pieters pour l'ensemble du site,
    © 2000/04 pour cette page sur <http://club.euronet.be/georges.guetary/>, 
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