Georges
Guétary
dans le temps de juin (2000)
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Deuil, liesse et ombre
emmêlés :
Frédéric
Dard rejoint Monsieur Carnaval,
lequel avait célébré Pelé au
mépris de Robin des Bois
que ne passera peut-être
plus Radio France
en rupture de contrat
moral.
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Rideau pour transitions (liens/sortie)
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"Le mois de
juin nous dit :"
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8 juin 2000,
On apprend la mort de Frédéric
DARD, alias San Antonio.
Si nous
lui devons ici hommage du fait qu'il est l'auteur du
livret de MONSIEUR CARNAVAL,c'est la tendresse
bien davantage que le devoir qui nous porte, et c'est
aussi, plus que son talent de créateur, l'homme
authentique qui suscite le naturel respect : il était
naturellement et authentiquement bon, généreux,
modeste, tendre et profond sous ses dehors de joie inaltérable
qui se donnait spontanément pour mission sans
doute de ne pas assombrir autrui par un désespoir
intense.
"Tous
les gens qui le connaissaient bien insistent sur sa
dualité, précise notre correspondant
et Ami parisien, Michel Bracquart, dans sa revue de
presse à notre intention (Le
Figaro, Le Monde, Libération, Le Parisien et France
Soir) : gaieté dans les livres
et en société, désespoir total
au fond. Pierre Assouline écrit que
F. D. était un bloc de mélancolie
qui lui faisait penser à ce mot d'Henri
Calet : "Ne me secouez pas,
je suis plein de larmes." Le père Bruckberger
disait : "Frédéric Dard est un personnage
tragique qui camoufle sous les gaudrioles de San-Antonio
et de Bérurier son sens du pathétique de
la destinée humaine." Le Figaro donne
cet extrait d'un entretien accordé par F. D. à un
magazine suisse : "J'ai toujours eu le sentiment de
précarité. Le phénomène
de la mortalité était déjà en
moi quand j'étais enfant. Je savais que je
n'étais que de passage, que l'être humain
est fragile, qu'il est une étincelle qui fout le
camp dans le néant."
Et tandis que
Multimania rapportait ce mot, "La vie m'aura
servi de leçon, je ne recommencerai plus !",Michel
Bracquart, lui, conclut : "J'aime beaucoup aussi ce
mot de lui, un vrai mot d'humoriste, que je cite souvent
(et que les journaux n'ont pas rappelé) : "Je
donnerais dix ans de ma vie pour vivre encore vingt ans."
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La dualité du
personnage transparaît encore dans ces paroles
de Georges GUÉTARY qui disent la générosité fardée
par le plaisir
-comme pour s'excuser de
donner- :
"Fred m'a un jour invité à Lyon où il offrait à sa
sœur un magasin de farces et attrapes. Ça
a été une joyeuse soirée. Quand
je pense à Fred, je pense toujours à des
moments de joie."
(Rapporté par
Le Nouvel Observateur du 15/06/00).
?, Jean
Richard, Frédéric Dard, Georges Guétary
Photo X,
DR
Laissant en fin la parole à Frédéric
DARD lui-même, qui spontanément fit la courte échelle à Hélène
GUETARY, pour l'édition de son Petit Homme
Bleu, nous ouvrons la partie Témoignages du
site, laissée, "hasard fabuleux", vide jusqu’à présent
: nous donnerions articles et essais pour avoir trouvé la
phrase magistrale par laquelle
Frédéric DARD définit
Georges GUÉTARY !
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Mais la vie
nous dit, ainsi qu'eux-mêmes
d'ailleurs nous l'ont répété à satiété :
on ne peut que continuer, "rêver, rire et chanter"…
Ce
mois de juin 2000, ce fut aussi le football.
Georges
CUÉTARY aimait le football, et il ne fallait pas compter
sur son attention quand il se rivait, passionné, à la
retransmission d'un match !
Qu'il
rendît gloire ainsi à l'un de ses plus grands
joueurs, à celui-là qui, trois secondes après
le coup d'envoi, marqua un but mémorable depuis
le centre du terrain n'a donc rien d'opportuniste.
Ce
dimanche-là, tandis que l’image d’actualité sportive
en noir et blanc montre un match commenté par un
journaliste brésilien ébloui et frénétique,
on entend bientôt la foule scander “Pe-lé,
Pe-lé” de laquelle émerge une autre
voix, qui chante :
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Noir comme le café
Est le roi Pelé,
Bon comme le café
Est le roi Pelé.
Dieu est Dieu, son prophète
est Mahomet,
Mais en football, Dieu,
c'est Pelé, hé, hé !
Noir comme le café
Est le roi Pelé,
Bon comme le café
Est le roi Pelé.
Dieu fit le monde en sept
journées, hé!
La huitième, il fit
Pelé.
Tous les sportifs le connaissent
bien,
C'est lui le roi du terrain
!
Noir comme le café
Est le roi Pelé,
Bon comme le café
Est le roi Pelé.
Dieu est Dieu, son prophète
est Mahomet,
Mais en football, Dieu,
c'est Pelé, hé, hé !
Noir comme le café
Est le roi Pelé,
Bon comme le café
Est le roi Pelé.
Noir comme le café
Est le roi Pelé,
Bon comme le café
Est le roi Pelé.
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La
caméra sera allée la quérir dans les
gradins anonymes, cette voix : celle d'un Georges Guétary
enthousiaste accompagné de son fils
-un
clip avant la lettre… dont ne reste que la souvenance
hélas, le magnétoscope familial n’ayant
pas encore alors été banalité…
Aucun
effet de voix qui descend même presqu'en dessous
de sa tessiture,
un
texte banal et court,
la
disparition après l'émergence,
"il" et
non plus "je",
éphémère
et non plus immortel quoique mythique,
le
héros est de chair, le héros est vulnérable,
le héros est autre qu'il laisse, complice, admirer à son
fils :
Robin
des Bois s'efface….
A
défaut d'une image extraite de film, une
photo de jeu de ballon complète
l'album familial
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LE ROI PELÉ de A. Salvet - J. Toledo, J.
Audi, J. Manzon; DR
Nota :
Dès ses premiers
entretiens avec la presse, Georges GUETARY a toujours rappelé sa
pratique du sport, depuis son adolescence d'ailleurs championne
(au point qu'on accepta mal sa mort, perçue prématurée
quoiqu'il eût 82 ans : son entraînement quotidien
le tenait en forme parfaite.)
Or, la forme et la maîtrise
que favorise la pratique assidue du sport ne sont pas tout
dans sa carrière de chanteur (il assurait que le métier
de chanteur s'apparente à celui du sportif) : le dynamisme
constant qu'il implique -et qui le caractérisait vivement-
ne pouvait pas le laisser dans la catégorie convenue
des chanteurs de charme compassés dans laquelle il
avait été d'emblée classé, physique
et timbre vocal y conduisant naturellement : il en imposerait
une nouvelle… la sienne, toute particulière.
La figure du héros
ainsi lui conviendrait, et "Robin des Bois" le marquerait.
Or on voit ici qu'avec
l'antihéros qu'il choisit d'interpréter (v.
Novembre 1999; v. aussi Visage in Personnage),
il eut souci aussi
de se dissocier du héros qu'il chantait…
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Mais "la loi du
plus fort…" continuant de triompher, juin finit sur
Dernière semaine de juin :
La grève de "certaines catégories
du personnel" laisse supposer la fin de Radio Bleue, seule
station jusqu’à naguère à ne
diffuser que de la chanson française…
Si vous avez à cœur
la défense et la survie de cette chanson
-de ses interprètes,
de ses auteurs, de ses musiciens et compositeurs-,
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vous êtes invité(e) à exprimer
votre point de vue, car la fin possible de cette station
de Radio France pourrait n'être qu'un prélude à plus
de gommage encore.
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Néanmoins, "Je m'en vais sans regret !",
nous coupe juin désinvolte
:
"Demain
matin, c'est le mois de juillet !"
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