Georges
Guétary
au temps
des vendanges
|
G.
Guétary*
|
casse le
spectacle à
Londres !
|
V. Ellis*
|
|
Sorties
|
En
octobre on presse la vendange :
Marguerite
foule auprès
de moi
Les
raisins dorés
de ses pieds d'ange,
Et chacun
regarde
avec émoi
Ma belle
Marguerite
So
beautiful to see
"Les...
|
Ah!
vous vous demandez pourquoi de l'anglais ?
Ce n'est pas que l'anglomanie nous avait atteints déjà
à
l'époque -et contaminé la chanson-, c'est plutôt
que
cette chanson fut initialement anglaise, et que, la reprenant en
français,
Georges GUÉTARY mêlait ici ou là parfois les
paroles
qu'il avait d'abord apprises et répétées tant de
fois
sur la scène de l'Adelphi à Londres.
|
| Nous
sommes alors
en 1947, et cette chanson fait qu'un quotidien londonien titre :
Georges
Guétary breaks the show !,
soit, littéralement : "Georges
Guétary
casse le spectacle !"
Non,
non! il n'a pas
quitté soudain la scène, laissant là planté
chacun,
non
! C'est
le public qui, si intensément pris par cette chanson
allègre,
en a réclamé la reprise, a réclamé son
"bis".
Or, on ne bisse pas, en Angleterre. Voilà le pourquoi de
ce
titre : il voulait traduire l'engouement exceptionnel de la salle.
Charles
B. COCHRAN,
le directeur du théâtre, n'avait donc pas eu tort quand il
avait répondu à GEORGES GUÉTARY, effaré
d'avoir
vu son nom seul et en très grandes lettres au fronton du
théâtre
: "Quand j'ai de l'or, je le montre !"
Or et
soleil d'éveil,
il est donc bien cela, GEORGES GUÉTARY venu donner élan
et
lumière dans les brumes de Londres émergeant de la guerre
! C'est au point que la famille royale est allée le
féliciter
dans sa loge et lui a demandé la partition aux fins de la
chanter
au palais... où Philip, futur époux d'Elisabeth,
retrouverait
lui aussi Grec d'origine, son Sud moins engoncé que Londres.
---
* Photo X
ex I'm on a see-saw de Vivian Ellis, DR
|
On croyait
fermement
outre-Manche que cette Belle Marguerite était... une
chanson
folklorique française.
Mais
hommage doit être
ici rendu à son compositeur, Vivian ELLIS,
Anglais
authentique
et musicien de race doué de la science créatrice : ayant
écouté les enregistrements précédents du
chanteur,
il pianote ce qui deviendra "Ma belle Marguerite".
"Fine!
but it's
not Guétary !" ("C'est beau, mais ce n'est pas du Guétary
!"), réagit le créateur de Robin des Bois, de Si
vous voulez savoiret autres succès qui l'ont marqué,
qui l'ont estampillé,
- It will
be soon.
(Ce le sera bientôt), répond simplement Vivian ELLIS
confiant.
Bientôt
convaincu effectivement par le succès, GEORGES GUÉTARY
baptisa
sa demeure cannoise
La Belle Marguerite... dont nous vous donnons
-en traduction remarquable de Louis Poterat- le deuxième
refrain
interrompu en entrée :
Ma belle
Marguerite
Ah,
qu'ils sont
merveilleux,
Les
pieds de
ma petite
Piétinant
les grappes du bon Dieu
Qu'elle
est
belle, belle, belle,
Celle
que mon
cœur aime tant,
Qu'elle
est
belle, belle, telle
Que
la fleur
au printemps !
Qu'elle
est
belle, belle, telle
Que
la fleur
au printemps !
©
Denis de Marne, DR
|
LABELLE
MARGUERITE
(angl.),
de A.-P. HERBERT et Vivian ELLIS, 1947;
MA
BELLE
MARGUERITE (frç), de Louis POTERAT et Vivian ELLIS, 1948.
un cd :
©
Belgique Loisirs 99/IV
|
C'est
le temps aussi déjà de la préparation des cadeaux,
octobre.
Et le
catalogue du dernier trimestre de France-Belgique Loisirs ainsi
continue
d'associer GEORGES GUÉTARY au présent, ainsi que le
montre
cette pochette de disque où il figure entre Charles TRENET et
Tino
ROSSI.
René
CHATEAU quant à lui a sorti AMOUR
ET COMPAGNIE.
Si ce film en noir et blanc, tourné en France juste avant UN
AMÉRICAIN À PARIS des
Etats-Unis n'est pas son meilleur et peut paraître au public
d'aujourd'hui
facile sinon médiocre, il révèle la volonté
de GEORGES GUÉTARY de sortir du carcan de "chanteur de charme"
en
abordant -avec aisance et allant- la fantaisie.
|
une
vidéo :

|
S'il n'évoque que très peu Georges
Guétary,
MA
VIE EN SOUVENIR DE CHANSON mérite d'être ici
salué,
car son auteur, qui appartient plutôt à la
génération
dite des "sixties", l'a édité à ses frais dans le
seul but de rendre hommage aux artistes du music-hall de 1900 à
1955 : "je ne veux pas qu'on oublie les interprètes, les
comédiens,
les chanteurs de cette époque; quand ils décèdent,
trop souvent cela passe inaperçu. (…) Je veux
être
le conservateur du music-hall, du cinéma, du
théâtre.",
justifie son auteur, Christophe DURAND.
|
Le 27, Marc Delaunoy,
auteur du site
sur Bourvil informait d'ajouts de renseignements sur le film Si
Versailles
m'était conté; il permettait le complément
suivant
:
Ce film, c'était au temps
de La
Route fleurie, et si Bourvil y avait pris la vedette, Sacha
Guitry
n'avait pas ignoré Georges Guétary, quoique ne lui
accordant
qu'un rôle-reflet de la situation de relégué dans
laquelle
l'avait placé cet engagement que lui-même avait
imposé
pour l'opérette: il fait partie des touristes conduits par
le guide Bourvil; mais il faut une très grande attention pour le
reconnaître, car on le voit à peine, au dernier plan de la
séquence.
|
Par cela
revient à
la mémoire que de passage à Londres en 1947, Bourvil
était allé applaudir Georges Guétary
dans
Bless
the Bride .
Avant
La Route
fleurie, ils s'étaient d'ailleurs déjà
rencontrés
sur scènes, et alors réciproquement
appréciés,
peut-on supposer :
|
"(…)
"La
première
fois, c'était en 1943 au Music-Hall l'Excelsior, place
d'Italie.
Georges était déjà en tête d'affiche avec
ses
chansons : Robin des Bois, Si vous voulez savoir, Honolulu, etc...
(moi,
mon nom était dans le bas de l'affiche à
côté
de celui de l'imprimeur car j'avais à ce moment des chansons
inconnues...
qui le sont restées d'ailleurs) .
"Six
mois se passent.
Je suis engagé à l'Alhambra et j'ai la bonne surprise de
revoir Georges en tête de programme.
"En
1948 je vais à
Londres et qu'est-ce que j'vois... mon Georges affiché dans une
opérette intitulée "Bless the Bride"...
Je m'dis : Il est partout à
la fois
c'gars-Ià !... II doit avoir une succursale en Angleterre
!...
|

ph.
JARCHE, DR
|
"En 1950, allant à Montréal faire mon tour de chant, je
m'arrête
quelques jours à New-York et qu'est-c'que j'vois à
cinquante
mètres de mon hôtel ?... Mon Guétary
affiché
dans l'opérette "Arms and the girl"... Je m'dis : "C'est
pas possible.
Il doit avoir des frères jumeaux !... II faut que j'aille
voir
si c'est bien le meme !... C'était bien lui... cette
même
voix qui au lieu de chanter : "Je t'aime !" chantait : "I love you
!"
J'allais dans sa loge le féliciter.
"Un
jour de décembre
1952, je gare ma voiture devant le Théâtre de l'A.B.C.;
une
autre voiture se gare devant la mienne, et qui en sort?...
Georges Guétary
!... (…) Le lendernain, par pure coïncidence, nos voitures
reprennent
la même place, à la même heure... alors même
jeu
!... Le surlendemain pareil... (…) si bien que l' on a
joué la
"Route Fleurie" pendant quatre ans... Avouez que le hasard fait bien
les
choses. "
BOURVIL
|
ex
programme de l'Olympia, 1957 : BOURVIL vous présente Georges
GUETARY
|