Création : 2001/03/30 Reprise : 06/01/10

Georges Guétary
dans les temps incontournables

De la Toussaint à la Sainte-Catherine vers la germination

("LONG BOX" 1/4par ÉPHÉMÉRIDES 2000/11)

Sommaire de Page :
Ouverture : Hasard…
Scène 1 : Imprégnation enchantée
Entracte
Scène 2 :  Germination
Affiche : Hélène Guétary à la une
Grenier et…  wallon
Etre informé et être guidé
À Régent, à Renée et à Jacqueline,
cette page,
comme à Janine & Hélène Guétary évidemment..
“Et le troisième jour, est ressuscité d’entre les morts”,
 d'après Les Evangiles.
“Les morts devaient certainement avoir à faire un certain effort pour se détacher de la terre.  Ils avaient sans doute besoin de l’amour de ceux qui étaient restés en vie pour s’en aller avec au moins la consolation d’avoir semé quelque chose dans le cœur d’autrui.” ,
Hélène Guétary, La Chapelle des Cannibales.

Ouverture :
“Hasard fabuleux” du 1er novembre

Grand jas

Cannes Communication n° 89, 
photo Cathy Berg, DR
    “Roi du music-hall et de l'opérette, mais aussi acteur de cinéma, Georges Guétary repose au Carré n' 3”, n’a pas négligé de rappeler le mensuel d’information n° 89 de novembre 2000, de la ville de Cannes, sous le titre LES ALLÉES DU SOUVENIR.
    Ne retenant que les célébrités les plus connues, ces cinq pages sur vingt ont néanmoins oublié les retrouvailles avec son oncle Tasso Janopoulo et avec sa ”mama”, Sophie Worloou-Janopoulo, pour rappeler, dans le seul sens du merveilleux, la rencontre cinématographique (TRENTE ET QUARANTE) avec “Caroline particulièrement chérie des Cannois, Martine Carol [qui] repose [elle aussi] au carré n° 3.”

    Or, découvrez : de la mort né la vie !
    Quand, ainsi, ce site, à son origine,  voulait rendre hommage, ne pas laisser à l’oubli, transmuer en “comète sur l'Internet”, il n’imaginait pas qu’il aurait aussi -et mieux !- vocation de résurrection, comme le révèle le message que voici :
Tue, 31 Oct 2000 23:59:14 -0500
à : hermes.lambros@euronet.be

Merci pour ce merveilleux site. Je suis âgé de 65 ans et étant enfant j'ai chanté Guétary (…).
Aujourd'hui j'aimerais pouvoir obtenir les paroles de chansons de ses films tel Le Cavalier noir, Les Aventures de Casanova, Trente et Quarante. 
Encore une fois merci pour tous les souvenirs que ce site me rappelle.
Régent Béland

    Cette réaction, exprimait, bien mieux qu’espéré, que davantage que comète en orbite infinie, Georges Guétary est étoile qui ressuscite en rendant vie au passé… 
    Or,  c'était le jour de la Toussaint, rendant ainsi inachevés les "hasards fabuleux" du merveilleux Guétary.


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Imprégnation enchantée :
"Les Incontournables" accompagnés de lecture imagée

C’est d’abord un très bel objet qui charme l'œil et appâte aussitôt écoute et lecture : un livret cartonné-coloré-attaché séparant par couples quatre cd argentés offrant en silhouette la photo de couverture, silhouette qu’on reconnaît, ainsi qu’aimait à souligner Pierre Tchernia à propos des personnages désormais imprimés dans la mémoire collective.
    Ces quatre cd tourneront durant qu’on lira et regardera doublant, triplant, quadruplant par les cinq sens complétés du sixième émotionnel, la perception émerveillée.
    Tournent d’abord les trente-sept pages toutes illustrées d’une à trois photos reconnues et aussi quasiment inédites ou rarissimes qui à elles seules rendent précieuse l’acquisition dégageant cette suave et captivante fragrance du riche papier glacé.
    De “Chiquito” à “Boléro” nous accompagnait le chant de joie, le chant d’élan, le chant charmant des aventures, des Tropiques et des danses lascives du plein exotisme si prenant et prégnant de ces années-là d’après-guerre.
    Or voici que “Maître Pierre” rappelle “Le p’tit bal du samedi soir” passé déjà : le va-et-vient des ailleurs aux ici…
    Ces premiers “incontournables” conduisent à ravir vers la lecture, maintenant, durant qu’”Une boucle blonde” rappelle cette autre thématique première de l’amour, l’amour toujours cherché, l’amour toujours en escapade dans ces tempos typiques des années 40-50 : du séducteur davantage séduit, épris et abandonné que triomphant et quoique incarnation de Casanova…
    La nostalgie de “Moulin Rouge” sous seul accompagnement d’un piano laissant à la voix sa souplesse ferme dans la douceur mâle va a contrario du récit reconnaissant à la joie de vivre paternelle heureusement introduit par la si juste préface de Frédéric Dard, enviable magicien des mots.
    “La valse des regrets” vient justement rappeler cette fusion rare du Grec et du classique : la prise en main par l’oncle Tasso, pianiste classique et le sang, l’élan du corps hellène ensoleillé, vin de Corfou, corps fou de rythme, assoiffé de lumière, aspiré par les horizons des îles et bords de plages…
    Tout revient, tout revit et ravit, et la douce et joyeuse nostalgie du retour au passé d’adolescence est soudain à l’amble et extractif au diapason de “Volare”
    Tiens! la voix a alors pris une autre forme d’amplitude…  Un forte différent…
    Tiens! mais la voix des toutes premières n’est pas si différente, plus proche de cela que la mémoire l’avait laissée…
    Et pas de grésillement…  Et douceur de ”Ciao, ciao, Bambina”, douceur de ténorino nullement efféminé…
    Variations, souplesse, force, nuances, aptitudes vocales dont les paliers, les passages ne dénaturent jamais ce timbre typique, ce timbre unique, clair, coloré, velours et argent à la fois, lumière et houle alliées…
    “Que sera…” : Hélène à l’évidence fut heureusement bercée de tout cela : après l'abandon aux mélodies et 
Robin des bois - Chic à Chiquito - Le p’tit bal du samedi soir - A Honolulu - Les enfants du Pirée - Boléro - Maître Pierre - Une boucle blonde - Moulin rouge - Valse des regrets - Dans le bleu du ciel bleu - Ciao Bambina - Que sera sera - Caballero - Deux petits chaussons - C'est vous, c'est vous - Adieu tristesse - Andalucia - Le premier matin - L'œillet et le basilic

Les Incontournables

ex "long box" 2000, D.R.

Auric, Betti, Brahms, Capo, Chaplin, Contet, Delanoë, Delettre&Borel-Clerc, Dréjac&Delettre, Durand, Dutailly, Evans, folklore grec, Granados, Hadjidakis, Jobim, Larue, Livingston>Marnay, Llenas, Lopez, Modugno&Migliacci, Plante, Porter, Poterat,   Poterat&Bertron, Rouzaud, Salvet&Camus

EMI Music France
7243 529489 2 5

- 1943 - 1945 - 1946 - 1948 - 1949 - 1951 - 1953 - 1956 - 1957 - 1958 - 1959 - 1961

réflexions -à la reconnaissance au réalisateur conjoint de Janine et Hélène Guétary, Gérard Paris, à Laurent Desalmand en studio Cosmo pour le “mastering” qui surent gommer, équilibrer sans déflorer, placer “Caballero” des débuts glorieux ici après-, revenons à la narration qu'une police de caractères légère, droite, carrée entrecoupée de titres de rouge chaud d'approche du script.
     Non, elle n'ajoute guère au connu commun, elle n'interfère qu'à peine.  Comme par respect et refus de prendre à soi, de défigurer, comme par refus en même temps de livrer, d'abandonner -de galvauder- ce qui est intime, cher et secret.
    Ce qui renouvelle essentiellement cette biographie, lui donne une étape nouvelle et la rend chère pourtant, c'est cet aller-retour de “Georges” à “papa” qui double le quasi légendaire, le romanesque d’un exclusif discret et légitime, c'est cette duplicité de perception par l'enfant d’un père à la fois comme tous les pères et simultanément fait d'images…
    Si “Deux petits chaussons” vient alors s'accorder à vos sentiments de douceur vous tirant vers la tendre larme, le rythme exotique de “C’est vous, c’est vous” vous relance.
    La vocalise ensuite de “Tristesse” rappelle encore, comme le fit le récit, la rigueur de la formation musicienne.
    La Grèce suit, disant le fabuleux hasard et les origines…
    Et le carnaval si souvent présent…
    Et “Andalucia”…
    L'émergence ainsi de lignes qui jamais ne s'interrompirent, qui toujours se croisèrent, qui torsadèrent cet être, cet artiste, cette figure, cette… Image.
    Carnaval et masque et théâtre avec le réel en arrière-réalité : la poursuite du chemin allant bien avec Londres, Broadway, le Châtelet que fait revire Hélène en relais de papa toujours émerveillé de son destin mirifique.
    La richesse mélodique et textuelle du “Premier matin” vient à point nommé souligner une attention trop peu remarquée, trop peu soulignée d’une attention de Georges Guétary aux qualités textuelles et mélofiques.
    Et “L'œillet et le basilic” redira “Que sera, sera”, anticipera sur “C'est bien mieux comme ça”, enracinera, fixera la nature grecque essentielle…
Vu d’un point de vue plus strictement analyste, cet Incontournables,
• ajoute, sauf erreur ou inconnu, 2 à 6 inédits en cd, selon qu'on tienne compte ou non de la reprise d'originaux : Les enfants du Pirée, Dans le bleu du ciel bleu, Ciao Bambina, Que sera sera, ADIEU TRISTESSE, LE PREMIER MATIN,
• reflète équitablement les caractéristiques communément retenues du chanteur dont il rend ce qui pourrait être défini comme le Typique de Georges Guétary -en quoi est heureusement implanté que s’opposèrent bientôt des tendances qui firent sans arrêt tendre le répertoire vers une recherche d’équilibre- :
? la caractéristique constante de la couleur et de la tonalité vocales toujours également typiquement timbrée dans les rythmes divers, exotiques, indigènes, classiques avec alternance de ce qu’on pourrait grossièrement caractériser de voix son (6/20), voix classique (6/20), voix libérée (8/20)
? les thématiques serties dans la joie de vivre communicative et distinguant 
? l’aventurier héroïque juvénile, insouciant et confiant, conquérant, égoïste, éternel et triomphant originellement frappé de la marque Francis Lopez (3/20) couplé à
? un exotisme (4/20) consumant et éphémère auquel s’opposera
? une inspiration indigène d’une France populaire animée de la joie de vivre et de l’élan du labeur joyeux (2/20) avec
? la constante de l’amour, éphémère et nostalgique, juvénile et frais, partagé, émerveillé et éternel finalement;
? une approche de la Grèce mythique par folklore;
? la sublimation de la joie de vivre, l’élan confiant et dynamisant bousculant les touches de nostalgie et de regrets régulièrement présents et donnant au héros immortel du départ chair humaine commune enfin.
N.B. : 
MOULIN ROUGE  et DEUX PETITS CHAUSSONS, en 1953, soit durant le succès à la fin pesant de La Route fleurie, indiquent la volonté alors déjà de se défaire de l’image première et tenace : Larue-Auric, Larue-Chaplin lui donnaient à renouer avec la douce mélodie a contrario des rythmes exotiques, avec le chant modulé classique de la de VALSE DES REGRETS (Poterat-Brahms) qui impressionna si fortement en 1943 -mais dont c’est ici l’enregistrement de 1959.
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Entracte

ACTIFS de l'organisme belge Carte Senior nous a fait l'insigne honneur d'ouvrir sa chronique de création de sites :

Les visiteurs belges trouveront information et formulaire d'inscription en page spéciale de nos archives
(lien en fin de lecture)
une autre chanson n° 86, 
sommaire partiel :[…] Biennale 2000 
Ailleurs : Daniel Barbieux au Québec
A l'affiche : 

- […]
- À la «une» : le Nougaro nouveau est arrivé
- Femmes de parole […]
- […] - […] un Brel aux Marquises[
[…] de la Samaritaine à la Tentation, […]
Bouquins : Barbara l'ensorceleuse, […]
Note bleue […]
(lien en fin de lecture)

"Le Vieux Tilleul" 

    “Le miracle de l'amour, c’est de nous faire aimer la vie”, chantait Georges Guétary.  Un calque de ces paroles nous dit que “le miracle de la mort, c’est de faire renaître la vie”, ainsi que l’exprime l'ouverture de ce tableau d'Ephémérides.
    C’est dans le cycle naturel.
    C'est dans le cours de cette année.
    Après le mot de Régent Béland le 1er, soit à la Toussaint,
"Il me parla de mes ancêtres, Qui s’en venaient,
la Région wallonne proposait à date de la Sainte-Catherine -où “tout bois reprend racine”- que cette année fût celle du Tilleul.
    Or, curieusement -curieux “hasard fabuleux” encore-, le premier disque connu de Georges Guétary, sous le pseudonyme premier de Georges Lambros, contenait une chanson dont le texte exprime justement la puissance bienfaisante de cet arbre. (Serge Fetter, dans une brochure gratuite de 34 pages illustrées, raconte cet arbre fascinant : informations en bas de page)

    2001 qu'on nous prédit “aube d'une nouvelle ère”… nous est ici annoncé par retour -par reprise, relance d’un cycle… Guétary.

En Pays de Geminiacum
LE VIEUX TILLEUL
Paroles :
Pierre Bayle
      Musique :
Jo Bouillon 
& René Beaux
Le vieux tilleul qui se balance
Dans mon jardin,
M’a fait, un jour, des confidences…
Je m’en souviens…
Je rêvassais sous son feuillage,
À Dieu sait quoi,
Quand j'entendis son babillage
Tendre et narquois !
Il me parla de mes 
ancêtres,
Qui s’en venaient,
Le soir, avides de bien-
être,
Prendre le frais…
De grand-maman qui, par principe,
Disait bientôt
À grand-papa, bourrant sa pipe :
"Tu fumes trop !"
Le vieux tilleul, qui m’a vu naître,
Me chérissait,
Quand je n'étais qu'un petit être
Que l’on berçait…
Il m'évoqua les joies profondes
Des jours enfuis,
Du temps où lion faisait la ronde
Autour de lui !
Enfin, à mon cœur solitaire,
Il a parlé
De ces doux instants de mystère,
Vite envolés…
Des rendez-vous pleins de délices,
Dans les soirs lourds
Quand il se faisait le complice
De mes amours !
Le vieux tilleul qui se balance
Dans mon jardin,
M’a fait, un jour, des confidences…
Je m’en souviens…
Depuis lors, je lui rends visite,
De temps en temps,
Afin qu’il me parle, bien vite,
De mes vingt ans !
Paris, Salabert, 1936; Pathé PA 1121 (>cd), Jo Bouillon et son orchestre, chant Georges Lambros

Rideau baissé, Rideau levé :
Hélène Guétary à la une

Hélène Guétary, pour ce novembre de l'année 2000, non seulement signait le livret du "long-box", mais aussi son deuxième roman, LA CHAPELLE DES CANNIBALES.
Passant du conte merveilleux du Petit Homme Bleu  à la fantasmagorie philosophique de La Chapelle des Cannibales, Hélène Guétary, par son deuxième roman, confirme sa nature d'écrivain véritable, critique, profond, et suscitant la joie de vivre.

    Tandis qu’elle nous entraînait à Paris dans une forme de merveilleux à l'attention des adultes du 20e siècle désabusés, tristes, moroses, elle nous dépayse dans le réalisme hallucinant de New-York, un autre capitale dans laquelle se dynamisent le groupe, l’art, le rire, la fantaisie et la profondeur, l'inquiétude, l'anxiété, la mort en un lieu de renaissance et de naissances.

Sous le regard de
Franck Courtès

D.R. Mazarine, 4e cv.

    Douée d’une remarquable aptitude à l'analyse de l'âme, de justes connaissances psychiques, imprégnée d’une culture multiforme du fantasque qu’elle a assimilée et intégrée, et qui sans cesse la mobilise pour elle-même et pour son expression constante et multiformelle, soutenue, justifiée, alimentée ainsi par Orson Welles, Lewis Caroll, les peintres surréalistes, ses maîtres, ses repères, ses références  -et simultanément sa vie-, elle n'a pas écrit dans l'analyse pure, dense, voir indigeste, car c’est le récit qui prend le dessus et qui conduit, plein de dynamisme concret par situations et personnages sans cesse en mouvement quoique s’introspectant.

    New-York ainsi s'imposait après le Paris du Petit Homme Bleu. 

Edité par Mazarine; analyse en "Postérité"
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LIENS
Dans le site Sujets Vers ailleurs
0. Intro (oct 2000),
1. Incontournables (nov 2000),
2. "Avec Joie" (déc 2000) ,
3. Opérettes (janv 2001),
4. Films (février 2001);
+ "Best of" (mars 2001), soit cette page
"Long box" Il semble que
seul le "Best of"
soit toujours en vente
Ici et là : chercher par mateur interrne Périodique "Avec joie" Coordonnées
Livre de Robert Pernet (jazz belge) R. Pernet 
  rue des Faînes 171
 B-1120 Bruxelles
 00 32 (0)2/2410457
2. Par libre choix dans le sommaire de la fenêtre de gauche
<<Si elle n'est pas présente,  l'appeler par ce lien
Avec D.R. aux auteurs d'extraits et de photos (v. note générale in "Accueil" cf. le ©),
et l'assentiment gratifiant de Madame Guétary-Guyon,
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